jeudi 20 avril 2017

Le « développement » n’arrêtera pas la migration africaine vers l’Europe

On ne ment ni à la géographie, ni à la démographie. La première montre que l’Afrique est l’arrière-cour de l’Europe ; la seconde enseigne qu’un trop plein démographique se déverse automatiquement dans un vide démographique. 
Face à cette double réalité, confrontés à une migration de masse qu’ils refusent de nommer, les dirigeants européens s’accrochent au mythe du « développement » postulé être un ralentisseur migratoire.
Or, comme je l’ai expliqué dans mon livre « Osons dire la vérité à l’Afrique », le développement est une illusion. Pour trois raisons principales :

1) A supposer qu’il ait une efficacité, le « développement » ne pourrait avoir que des effets à très long terme ; or, il y a urgence.

2) Tout a déjà été tenté en ce domaine. En vain, car, dans les Afriques, la démographie est plus forte que la croissance. Un exemple : depuis 1960, la production agricole y a augmenté de 45%, mais la démographie de 110%...

3) Comme la croissance économique africaine (entre 1,4% et 1,6% en 2016), est inférieure à la croissance démographique (4%), comment, dans ces conditions prétendre « développer » un continent qui, d’ici à 2030, verra sa population passer de 1,2 milliard à 1,7 milliard, avec plus de 50 millions de naissances par an ?

Ce n’est donc pas de « développement » dont l’Afrique a besoin, mais d’une natalité raisonnable. A défaut, des dizaines de millions d’Africains continueront à rêver de venir s’installer en Europe où, par hédonisme, les femmes n’enfantent plus, où les hommes ont honte de leur virilité, où les vieillards sont désormais majoritaires et où les animaux de compagnie ont remplacé les enfants.

Explication.

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dimanche 2 avril 2017

L'Afrique Réelle N°88 - Avril 2017

Sommaire

Actualité :
- Le lac Tchad : Nouveau sanctuaire de Boko Haram
- Libye : Le retour de Seif al-Islam Kadhafi

Controverse Macron :
La colonisation française, une idée de gauche qui fut réalisée par la droite

Algérie : L’histoire à l’endroit
Deuxième partie : L'insurrection de Sétif


Editorial de Bernard Lugan : 

Supprimer le franc CFA : une urgence politique pour la France et une urgence psychologique pour l'Afrique

Après les prochaines élections présidentielles, la France devra se débarrasser du boulet politique que constitue le franc CFA. 

Le franc CFA (Franc des colonies françaises d’Afrique) a été créé le 26 décembre 1945. En 1958, il est devenu Franc de la communauté française d’Afrique. Aujourd’hui, il a deux noms car, dans la réalité, deux CFA existent :

- Pour les pays de l’UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest Africaine) il est le Franc de la Communauté Financière d’Afrique. 

- Pour les pays de la CEMAC (Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale), il est le Franc de la Coopération Financière en Afrique centrale.

Dans la réalité, peu importe que le CFA garantisse la stabilité des monnaies des pays membres, qu’il oblige les Etats à gérer leur monnaie et que, comme les émissions dépendent de la Banque de France, il y ait impossibilité pour les pays concernés de faire marcher la « planche à billets ». 
Peu importe également que la France garantisse les transactions. Peu importe enfin que les monnaies nationales de pays à faible revenu ne vaudront plus rien si elles ne sont pas adossées à une monnaie forte ; d’autant plus que, dans tous les cas, les échanges se feront en dollars ou en euros. 
Peu importe tout cela car, et une fois pour toutes, en Afrique, le CFA est vu comme une survivance coloniale. Dans ces conditions, la France n’a aucun intérêt à son maintien.

D’autant plus qu’économiquement, la zone CFA ne compte pas pour elle. Ainsi :

- En 2015, alors que la totalité de ses exportations mondiales était de 455,1 milliards d’euros, la France a vendu à la seule Afrique sud saharienne pour 12,2 milliards d’euros de biens et marchandises, soit 2,68% de toutes ses exportations. Sur ces 12,2 milliards d’euros, la zone CFA en a totalisé 46%, soit environ 6 milliards d’euros, soit à peine 1,32% de toutes les exportations françaises. Pour ce qui est des importations, les chiffres sont voisins.

- La zone CFA n’est plus cette « chasse commerciale gardée » permettant aux productions françaises de bénéficier d’une sorte de marché réservé comme certains l’affirment. En 2015, la part de la France dans le marché de cette zone ne fut en effet que de 11,4%, loin derrière la Chine.

L’intérêt politique de la France est donc de supprimer le CFA afin d’en finir une fois pour toutes avec les sempiternelles accusations de néocolonialisme.

mercredi 22 mars 2017

Quand les Berbères cesseront-ils d’être colonisés ?

Analyse de  Bernard Lugan
  
Pour le courant arabo-musulman nord-africain, l’islamisation a marqué la fin de l’histoire des Berbères, leur conversion à l’Islam les ayant inscrits de façon irréversible dans l’aire culturelle de l’arabité. Dans les années 1950, en pleine crise berbériste, la revue Al Maghrib écrivit même que les Berbères ne pouvaient accéder au Paradis que s’ils se rattachaient à des lignées arabes. Leur salut passait donc par leur intégration au peuple ayant donné naissance à l’ultime messager de Dieu. En un mot, le salut par le suicide ethno-national…
Par le passé, des clans et des tribus berbères ont ainsi trahi leurs ancêtres et renié leurs propres généalogies pour entrer dans celles des qabila arabes. Voilà pourquoi leurs descendants sont aujourd’hui persuadés être d’origine arabe alors qu’ils sont des Berbères « raciaux » dont les aïeux furent linguistiquement arabisés, religieusement islamisés et ethniquement acculturés.

Pour les Berbères ayant conservé leur identité, la fin de la période française ne fut que la première étape de la libération, ce qui fit dire à Mohammed Chafik : « Et si l’on décolonisait l’Afrique du Nord pour de bon ? » (Le Monde amazigh, n° 53, novembre 2004). Paniqués à l’idée d’un réveil de la belle endormie berbère qui pourrait entraîner à la fois le rejet de l’arabité et celui de l’islam, les dirigeants algériens échouèrent à tenter de fondre le peuple indigène dans un artificiel nationalitarisme arabo-musulman. Ayant pris le relais, les salafistes, les wahhabites et les diverses obédiences islamistes cherchent actuellement à dissoudre l’identité berbère dans l’universalisme musulman et la Umma. Une course contre la montre est donc engagée entre l’identité enracinée et le broyeur universaliste.
Portés par le réveil identitaire planétaire, les Berbères vont-ils prendre véritablement conscience de leur situation de colonisés ? S’ils parvenaient au terme de leur réappropriation historique, culturelle et politique, la géopolitique de la Méditerranée serait alors bouleversée. Redevenu la Berbérie, le Maghreb cesserait en effet de regarder vers l’Orient pour revenir dans sa matrice occidentale. Comme avant la conquête arabo-musulmane du VIIIe siècle[1].

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[1] Pour en savoir plus, voir mes deux  livres : Histoire des Berbères et Algérie, l’histoire à l’endroit.

mercredi 15 mars 2017

Utilisation fallacieuse de mon nom

Communiqué de Bernard Lugan

Mon nom étant actuellement utilisé sans mon accord par plusieurs sites ou radios, je porte à la connaissance du public que :
- Je ne dispose d’aucun compte Facebook, ce qui signifie donc que tous les comptes ouverts à mon nom sont des faux.
- Contrairement à ce qui est indiqué sur son site, je ne suis pas, et je n’ai jamais été « collaborateur » à la revue Jeune Nation.
- Comme cela s’est une nouvelle fois produit le lundi 13 mars 2017, Radio Courtoisie utilise  mes anciens enregistrements, laissant ainsi entendre que je participerais toujours à ses activités. M’étant mis en congé d’une station à laquelle j’ai consacré plusieurs années d’activité bénévole, et m’étant depuis scrupuleusement  tenu à l’écart des conflits l’agitant, je ne puis accepter que mon nom serve ainsi de faire-valoir.

J’ai donc demandé à mon avocat de veiller à la défense de mon indépendance, de ma réputation et de mes intérêts. 

jeudi 2 mars 2017

L'Afrique Réelle N°87 - Mars 2017

SOMMAIRE

Actualité :
- Mali : comment contrer la nouvelle stratégie des jihadistes ?
- La tension entre l’Egypte et l’Ethiopie

Dossier : Algérie
- Retour sur la polémique Macron
- L’histoire à l’endroit (première partie, des origines à 1871)


Editorial de Bernard Lugan : 
Démocratie et démographie : les deux plaies de l’Afrique

A lire les médias, à écouter les « spécialistes », si l’Afrique est sinistrée, c’est parce qu’elle subit un déficit de développement. La solution est donc simple : injecter une aide de plus en plus en plus massive et imposer la démocratisation. 
L’erreur est évidement totale car, primo, les critères de pauvreté définis en Europe ne sont pas ceux de l’Afrique et, secundo, politiquement, entre nos sociétés individualisées et celles, communautaires, du continent africain, les critères sont très différents. De plus, les problèmes qui se posent au nord du Sahara ne sont pas ceux des pays situés au sud du désert. 

La seule approche réaliste de la question est fondamentalement géographique et ethno-historique car, et certains l’oublient trop souvent, le continent africain a une histoire différente de celle de l’Europe. 
Alors qu’en Europe les grands phénomènes historiques ou civilisationnels furent continentaux, tel ne fut pas le cas dans les Afriques. Toute l’Europe fut en effet concernée par la fin de l’Empire romain et par la greffe chrétienne sur le vieux tronc païen. Puis, en sa totalité, elle fut irriguée par l’art roman et par le gothique. De même, toute entière, elle fut concernée par la Renaissance, par la Réforme, par la période dite des Lumières, puis par les révolutions politiques et industrielles. 
Dans les Afriques, tout au contraire, les phénomènes historiques eurent le plus souvent des conséquences uniquement régionales, hormis dans le cas de la colonisation. Sauf rares exceptions, il n’y eut pas de dépassement ou de coagulation de l’ethnie ; même en cas de constitution d’empires. Ces derniers furent en effet toujours étroitement ethno centrés ou formés par le rassemblement de tribus ou de clans appartenant aux mêmes ensembles ethniques ; les exemples des royaumes Luba, Lunda, Shona, Zulu ou d’Imérina à Madagascar illustrent avec force cette grande originalité. 

La conquête coloniale se fit généralement à l’avantage des pôles littoraux avec lesquels les Européens avaient noué de séculaires relations et qui, dans bien des cas, avaient été leurs partenaires durant l’époque de la traite esclavagiste. A l’intérieur, les Empires qui résistèrent furent défaits au profit des populations qu’ils dominaient. 
La colonisation cassa ainsi plusieurs « Prusses » africaines potentielles ou en devenir : Madagascar et la monarchie hova, l’Empire de Sokoto, les royaumes ashanti et zulu, les ensembles créés par el-Hadj Omar ou par Samory. Elle en subjugua d’autres, les arrêtant durant une phase expansionniste de leur histoire, comme l’Etat tutsi rwandais coupé de son exutoire du nord-ouest Kivu et ramené sur les hautes terres bordières de la crête Congo-Nil ; ou encore comme l’Ethiopie, empêchée de regagner un accès à la mer en raison de l’installation italienne en Erythrée. La colonisation procéda également par amputation comme dans le cas du Maroc, Etat millénaire territorialement découpé au profit de l’Algérie et de la Mauritanie, deux créations françaises. 

Puis, au moment des indépendances de la décennie 1960, l'insensé maillage frontalier donna naissance à autant de « prisons de peuples ». Et pour encore aggraver la situation, la démocratisation fut imposée à l’intérieur de ces coquilles vides. Résultat, ce plaquage européo-centré déboucha sur l’ethno-mathématique, autrement dit sur la victoire des peuples les plus nombreux, ce qui encouragea encore davantage cette course à la natalité qui va achever de tuer le continent.

dimanche 19 février 2017

Lettre ouverte à Monsieur Emmanuel Macron, homme politique né d’une PMA entre le grand capital et les Minotaures de la repentance

Ce communiqué peut être repris à la condition d’en citer la source.

Lancé sur le marché politique tel un nouveau smartphone, vous êtes, Monsieur Macron, un ignorant butor dont les propos concernant la colonisation sont doublement inadmissibles.

1) En premier lieu parce qu’ils furent tenus à Alger, devant ces rentiers de l’indépendance qui, pour tenter de cacher leurs échecs, leurs rapines et la mise en coupe réglée de leur pays, mettent sans cesse la France en accusation.
Certains qui, parmi votre auditoire, applaudirent à vos propos d’homme soumis (cf. Houellebecq), et
devant lesquels vous vous comportâtes effectivement en dhimmi, sont en effet ceux qui, le 1er novembre 2016, publièrent un communiqué exigeant que la France :


« (…) présente des excuses officielles au peuple algérien pour les crimes commis durant les 132 ans de colonisation et pour les crimes coloniaux perpétrés à l’encontre du peuple algérien afin de rappeler les affres de la répression, de la torture, de l’exil, de l’extermination et de l’aliénation identitaire car l’histoire du colonialisme restera marquée par ses crimes de sang et ses pratiques inhumaines ».

Candidat à la présidence de la République française, vous avez donc donné votre caution à de telles exigences autant outrancières qu’insultantes. Ce faisant, vous vous êtes fait le complice des pressions et chantages que l’Algérie exerce à l’encontre de la France afin d’obtenir d’elle une augmentation du nombre des visas ou tel ou tel avantage diplomatique ou financier. En d’autres temps, vous auriez donc pu être poursuivi pour 
« Atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ».

2) Ensuite parce que vos propos constituent non seulement un recul de l’état des connaissances, mais également le viol de ce consensus historique auquel étaient arrivés les historiens des deux rives de la Méditerranée. Or, par ignorance ou par misérable calcul électoraliste, vous les avez piétinés.
Au nom de quelle légitimité scientifique avez-vous d’ailleurs pu oser les tenir ? Avez-vous seulement entendu parler des travaux de Jacques Marseille, de ceux de Daniel Lefeuvre ou encore des miens ?

Oser parler de « crime contre l’humanité », maladroitement rectifié en « crime contre l’humain », au sujet de la colonisation revient en réalité à classer cette dernière au niveau des génocides du XXe siècle, ce qui est proprement scandaleux. Sur ce terrain, vous voilà donc encore plus en pointe que Christiane Taubira, ce qui n’est pas peu dire...
Pierre Vidal-Naquet, pourtant militant de la décolonisation et « porteur de valises » assumé du FLN écrivait à ce sujet :


« Assimiler peu ou prou le système colonial à une anticipation du 3e Reich est une entreprise idéologique frauduleuse, guère moins frelatée que l’identification, à Sétif, (…)  de la répression coloniale aux fours crématoires d’Auschwitz et au nazisme (…). Ou alors, si les massacres coloniaux annoncent le nazisme, on ne voit pas pourquoi la répression sanglante de la révolte de Spartacus, ou encore la Saint-Barthélemy, ne l’auraient pas tout autant annoncé… En histoire, il est dangereux de tout mélanger. Un sottisier peut-il tenir lieu d’œuvre de réflexion ? (…) L’air du temps de la dénonciation médiatique (…), le contexte social, économique et politique actuel est encore fécond qui continuera à générer de telles tonitruances idéologiques à vocation surtout médiatique ».  J’ajoute électoralistes.

Vous devriez pourtant savoir, Monsieur le candidat à la présidence de la République, qu’en créant l’Algérie, la France donna un nom à une ancienne colonie ottomane, traça ses frontières, unifia ses populations, y créa une administration et toutes ses infrastructures.
Ce faisant, y aurait-elle commis  un « crime contre l’humanité » ou « contre l’humain » ? Les chiffres de l’accroissement de la population ne semblent pas l’indiquer puisqu’en 1830, la population musulmane de l’Algérie n’excédait pas 1 million d’habitants alors qu’en 1962 elle avait bondi à 12 millions.
Serait-ce donc en commettant des « crimes contre l’humanité » que la France, ses médecins et ses infirmiers soignèrent et vaccinèrent les populations et firent reculer la mortalité infantile ? Serait-ce parce qu’elle commettait des « crimes contre l’humain » que chaque année, à partir du lendemain du second conflit mondial, 250 000 naissances étaient comptabilisées en Algérie, soit un accroissement de 2,5 à 3% de la population, d’où un doublement tous les 25 ans ? A ce propos, relisons René Sédillot :


« La colonisation française a poussé l’ingénuité - ou la maladresse - jusqu’à favoriser de son mieux les naissances : non seulement par le jeu des allocations familiales, mais aussi par la création d’établissements hospitaliers destinés à combattre la stérilité des femmes. Ainsi, les musulmanes, lorsqu’elles redoutaient d’être répudiées par leurs maris, faute de leur avoir donné des enfants, trouvaient en des centres d’accueil dotés des moyens les plus modernes tout le secours nécessaire pour accéder à la dignité maternelle. (…)(L’histoire n’a pas de sens, Paris, 1965, page 71).

Enfin, puisque vos propos indécents tenus à Alger obligent à faire des bilans comptables, voici, Monsieur le candidat à la présidence de la République, celui qui peut être fait au sujet de l’Algérie française : en 132 années de présence, la France créa l’Algérie, l’unifia, draina ses marécages, bonifia ses terres, équipa le pays, soigna et multiplia ses populations, lui offrit un Sahara qu’elle n’avait jamais possédé après y avoir découvert et mis en exploitation les sources d’énergie qui font aujourd’hui sa richesse. Comme je ne cesse de l’écrire depuis des années, en donnant l’indépendance à l’Algérie, la France y laissa 70.000 km de routes, 4300 km de voies ferrées, 4 ports équipés aux normes internationales, une douzaine d’aérodromes principaux, des centaines d’ouvrages d’art (ponts, tunnels, viaducs, barrages etc.), des milliers de bâtiments administratifs, de casernes, de bâtiments officiels qui étaient propriété de l’Etat français ; 31 centrales hydroélectriques ou thermiques ; une centaine d’industries importantes dans les secteurs de la construction, de la métallurgie, de la cimenterie etc., des milliers d’écoles, d’instituts de formations, de lycées, d’universités. Dès l’année 1848, et alors que la conquête de l’Algérie était loin d’être achevée, 16 000 enfants en  majorité musulmans étaient scolarisés. En 1937 ils étaient 104 748, en 1952 400 000 et en 1960 800 000 avec presque 17 000 classes, soit autant d’instituteurs dont les 2/3 étaient Français (Pierre Goinard, Algérie : l’œuvre française. Paris,  1986).
En 1962, il y avait en Algérie, un hôpital universitaire de 2000 lits à Alger, trois grands hôpitaux de chefs-lieux à Alger, Oran et Constantine, 14 hôpitaux spécialisés et 112 hôpitaux polyvalents, soit le chiffre exceptionnel d’un lit pour 300 habitants.
Tous ces équipements, toutes ces infrastructures, tous ces établissements ainsi que les personnels qui les faisaient fonctionner avaient été payés par la France et avec l’argent des Français.

Monsieur le candidat à la présidence de la République, je vous poste ce jour en RAR mon dernier livre « Algérie, l’histoire à l’endroit »[1], afin que vous puissiez mesurer l’abîme séparant la réalité historique de vos inacceptables propos.

Bernard Lugan

[1] Ce livre est uniquement disponible via l’Afrique Réelle. Pour le commander :
http://bernardlugan.blogspot.fr/2017/02/nouveau-livre-de-bernard-lugan-algerie.html

mardi 7 février 2017

Nouveau livre de Bernard Lugan : Algérie, l'histoire à l'endroit


























Présentation :
Depuis 1962, l’écriture officielle de l’histoire algérienne s’est appuyée sur un triple postulat :
- Celui de l’arabité du pays nie sa composante berbère ou la relègue à un rang subalterne, coupant de ce fait, l’arbre algérien de ses racines. 
- Celui d’une Algérie préexistant à sa création par la France à travers les royaumes de Tlemcen et de Bougie présentés comme des noyaux pré-nationaux.
- Celui de l’unité d’un peuple prétendument levé en bloc contre le colonisateur alors qu’entre 1954 et 1962, les Algériens qui combattirent dans les rangs de l’armée française avaient été plus nombreux que les indépendantistes.
En Algérie, ces postulats biaisés constituent le fonds de commerce des rentiers de l’indépendance. En France, ils sont entretenus par une université morte du refus de la disputatio et accommodante envers les falsifications, pourvu qu’elles servent ses intérêts idéologiques. Dans les deux pays, ces postulats ont fi ni par rendre le récit historique officiel algérien aussi faux qu’incompréhensible.
Cinquante ans après l’indépendance, l’heure est donc venue de mettre à jour une histoire qui doit, comme l’écrit l’historien Mohamed Harbi, cesser d’être tout à la fois « l’enfer et le paradis des Algériens ».
Ce livre répond donc aux interrogations fondamentales suivantes : l’essence de l’Algérie est-elle Berbère ou Arabe ? Avant la conquête française, ce pays fut-il autre chose qu’une province de l’Empire ottoman ? Les résistances d’Abd el-Kader et de Mokrani furent-elles des mouvements pré-nationaux ?
Que s’est-il véritablement passé à Sétif et à Guelma en mai 1945 ? La France a-t-elle militairement perdu la guerre d’Algérie ? Quelle est la vérité sur le « massacre » du 17 octobre 1961 à Paris ? Enfin, peut-on raisonnablement affirmer que la France ait « pillé » l’Algérie comme le prétendent certains ?

Table des matières :

Chapitre I : 
- L’Algérie est-elle Berbère ou Arabe ?
Chapitre II : 
- Comment des Berbères chrétiens sont-ils devenus des Arabes musulmans ?
Chapitre III : 
- Pourquoi Bougie et Tlemcen n’ont-elles pas créé l’Algérie alors que Fès et Marrakech ont fondé le Maroc ?
Chapitre IV : 
- L’Algérie, Régence turque oubliée ou marche frontière de l’empire ottoman ?
Chapitre V : 
- Abd el-Kader, une résistance « nationale » ou arabe ?
- Mokrani, une résistance « nationale » ou berbère ?
Chapitre VI :
- Que s’est-il passé à Sétif et à Guelma au mois de mai 1945 ?
- Sétif au-delà des mythes
Chapitre VII :
- 1954-1962 : la « révolution unie », un mythe ?
- La revendication berbériste
Chapitre VIII :
- Le FLN a-t-il militairement vaincu l’armée française ?
- La guerre d'Algérie ne s'est pas terminée le 19 mars 1962
Chapitre IX :
- Le 17 octobre 1961 à Paris : un massacre imaginaire ?
Chapitre X :
- La France a-t-elle pillé l’Algérie ?


IMPORTANT : CE LIVRE EST UNIQUEMENT DISPONIBLE VIA L'AFRIQUE REELLE

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mercredi 1 février 2017

L'Afrique Réelle N°86 - Février 2016

SOMMAIRE :

Actualité :
- Algérie : comme un bateau ivre…
- Libye : l’implication russe peut-elle changer la donne ?

Dossier : Côte d’Ivoire, entre illusions et réalité
- Le nouveau naufrage des «experts »
- Le facteur-risque ivoirien

Dossier : Namibie et repentance
- La révolte des Herero et ses conséquences
- Du Sud-Ouest africain à la Namibie


Editorial de Bernard Lugan :

Le plus grave dans la crise majeure que traverse actuellement l’Afrique sud-saharienne tient au fait que ce sont ses « locomotives » qui ont déraillé. L’Afrique du Sud et le Nigeria qui représentent près de 50% du PIB continental sont ainsi en récession ou en quasi récession, la Côte d’Ivoire dévisse, l’Ethiopie se disloque et l’Angola est en faillite. Résultat, la croissance continentale s’est effondrée à 1,5 ou 1,6%. 
Or, à moins de 7% durant plusieurs années, il est impossible de faire reculer la pauvreté. Comme dans la plupart des pays, la croissance démographique est plus importante que la croissance économique, le continent s’enfonce donc chaque jour un peu plus dans le néant. Un néant masqué par quelques ilots de prospérité qui sont autant d’arbres cachant la forêt de misère qu’est l’Afrique.

La baisse du prix des matières premières est une cause importante de cette situation, mais là n’est pas l’essentiel. Les véritables causes du drame africain sont en effet ailleurs et, à ce sujet, je ne peux que renvoyer à mon livre Osons dire la vérité à l’Afrique[1]. Il y en a deux principales :

- L’absence de lucidité et le refus de la réalité. Depuis la décennie des indépendances, il y aura bientôt trois-quarts de siècle, l'Afrique se voit appliquer la « méthode Coué » à travers les annonces périodiques de son « démarrage ». Or, loin de « démarrer », l'Afrique sud saharienne revient au contraire au XVIIIe siècle et à l'économie de comptoir (pétroliers ou miniers), qui enrichit une poignée d'Africains cependant que l'immense majorité de la population tente de simplement survivre. Ce grand bond en arrière est illustré par un retour à la traite humaine à travers l'émigration qui se fait vers l'Europe. 

- L’impératif moral avec sa conséquence, le diktat démocratique, a empêché le « raccourci autoritaire » d'aller à son terme alors qu'il était peut-être porteur de cette notion d'Etat qui manque tant à l'Afrique.

Ceci étant, la résolution des problèmes africains passe par quatre préalables :

1) D’abord, maîtriser puis inverser la courbe démographique. Sans cela, rien ne pourra être entrepris. Une telle évolution serait une révolution et comme elle ne s’annonce pas, la situation est donc sans espoir.

2) Ensuite reconnaître le poids des fondamentaux ethniques. Au milieu de la désagrégation généralisée, l’ethnie constitue en effet ce plus petit commun dénominateur sur lequel il est possible de rassembler les hommes. Rassembler pour ensuite, éventuellement, élargir.

3) Puis, admettre que les principales crises africaines ont une origine historique, politique et culturelle. Tant que leur approche continuera d'être d'abord économique, elles n'auront aucune chance d'être traitées.

4) Enfin, comprendre qu'avant d'être francophones ou anglophones, chrétiens ou musulmans, les habitants de l'Afrique, sont d'abord des Africains qui parlent des langues africaines et qui ont leurs croyances car, et comme l'a dit le romancier ivoirien Ahmadou Kourouma : « [L'Afrique sud-saharienne] est habitée par des animistes, les uns teintés de christianisme, les autres d'islam. »

[1] Editions du Rocher, 2015. Il est également possible de commander le livre à l’Afrique Réelle sur notre blog.

mercredi 25 janvier 2017

Le « miracle ivoirien », cet autre mirage afro-optimiste

En Côte d’Ivoire, en dépit d’une croissance de près de 10% du PIB, l’année 2017 a commencé avec une mutinerie militaire. En plus de primes, les mutins exigeaient l’équivalent de 7500 euros… plus une maison. Des prétentions insensées dans un pays où plus de la moitié de la population survit avec un euro par jour. 
Paniqué et impuissant, le gouvernement céda immédiatement à ces demandes exorbitantes, mais, loin d’apaiser la situation, cette capitulation provoqua une réaction en chaîne.
Révélateurs de l’extrême faiblesse du régime, ces évènements conduisent à poser la question de savoir si Alassane Ouattara sera en mesure de tenir jusqu’à la fin de son mandat prévu en 2020.

Dans le numéro du mois de juin 2013 de l’Afrique Réelle, j’écrivais :
« Hissé au pouvoir par le président Sarkozy, Alassane Ouattara n’a toujours pas réussi à se dégager de l’image de fondé de pouvoir du nouvel ordre économique mondial qui lui colle à la peau. Arrivé à la présidence dans les fourgons des forces spéciales de l’ancien colonisateur, son prestige est limité ; c’est pourquoi il n’a pas réussi à prendre ses marques, prisonnier qu’il est d’une histoire politique dont il ne parvient pas à s’extraire ».
Cette analyse étant plus que jamais actuelle, à moins d’un redressement rapide et spectaculaire, l’avenir de la Côte d’Ivoire s’annonce donc difficile. Mais pour les « experts » et pour le FMI, tout va bien puisque les courbes du PIB sont bonnes…
Le prochain numéro  de l’Afrique Réelle que les abonnés recevront le 1 février contiendra un  dossier consacré à l’analyse de la crise ivoirienne et à une évaluation du facteur-risque de ce pays.

dimanche 15 janvier 2017

Libye : Vladimir Poutine redistribue les cartes

Le 11 janvier 2017, soit moins de deux mois après sa réception à Moscou par Vladimir Poutine (voir mon précédent communiqué), le général Haftar, s’est rendu à bord du porte-avions russe Amiral Kouznetzov qui croise actuellement en Méditerranée orientale. Ce déplacement hautement symbolique étrangement ignoré par les médias occidentaux, était destiné à rendre lisible par toutes les parties libyennes l’appui que la Russie fournit désormais à l’homme fort de Cyrénaïque.
Un conflit interminable et sans issue provoqué par la désastreuse intervention française de 2011[1], et dont la gestion calamiteuse s’est faite à travers le naufrage de la diplomatie de l’UE et de l’ONU, change donc de nature.
Il est en effet clair qu’entre une Cyrénaïque contrôlée par le général Haftar et une Tripolitaine en totale anarchie et où un président fantoche est porté à bout de bras par les Occidentaux, une nouvelle géographie militaire et politique de la Libye se dessine sous nos yeux.
Explication

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[1] Pour tout ce qui concerne cette guerre et les constantes politico-tribales de Libye, voir de Bernard Lugan Histoire de la Libye des origines à nos jours. En commande ici :
http://bernardlugan.blogspot.fr/2015/11/nouveau-livre-de-bernard-lugan-histoire.html

jeudi 5 janvier 2017

Egypte, Libye et Maroc : le triple coup de maître de Vladimir Poutine

Le général Haftar au Kremlin le 27 novembre 2016
Analyse de Bernard Lugan

L’une des conséquences de l’intervention de Moscou en Syrie est l’ouverture à la marine russe d’un accès permanent à la Méditerranée. Le succès d’une telle politique dans laquelle les Tsar et l’URSS avaient échoué, nécessite la mise à disposition de points d’appui.
Celui de Syrie étant sécurisé et l’Egypte se rapprochant de plus en plus de la Russie, Vladimir Poutine regarde maintenant vers la Libye et le port en eau profonde de Tobrouk en Cyrénaïque. D’où son soutien au général Haftar.
Mais le président russe voit plus loin. En appuyant le Maroc dans la question du Sahara occidental, c’est désormais l’ouverture sur l’océan atlantique qu’il prépare. Une telle réussite laisse sans voix les « castrats » de Bruxelles et les « beaux merles » du Quai d’Orsay. Quant à l’Algérie, la voilà paralysée et mise hors-jeu en raison de son soutien-boulet au Polisario.
De la Crimée au Maroc, cette politique russe qui rebat les cartes de la géopolitique méditerranéenne, a été menée en sept étapes et en moins de trois ans.
Explications et développement :

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