mercredi 12 juillet 2017

Saïd Bouteflika a besoin du soutien de Paris pour succéder à son frère. Que propose-t-il pour l’obtenir ?

Avec le régime algérien, rien n’est simple et rien ne doit être pris au premier degré. Y compris ses folles exigences de repentance. Ainsi, le 5 juillet 2017, quand, à l’occasion de la fête nationale, sourd, muet et quasi paralysé,  le président Abdelaziz Bouteflika publie un message diffusé par l’agence officielle APS dans lequel « il » écrit : « Notre peuple exige (je souligne) toujours une reconnaissance de ses souffrances de la part du colonisateur d’hier, la France ».
Au-delà de cet exercice de style incantatoire, mécanique et convenu, passons à l’essentiel du message. Ceux qui tiennent la main du président Bouteflika s’y adressent plus aux Français qu’aux Algériens. Un paradoxe le jour de la fête nationale algérienne…. Après avoir insulté la France, voilà qu’ils y affichent une claire intention d’établir avec elle des rapports enfin apaisés à travers « un partenariat d’exception qui se doit d’être mutuellement bénéfique ».
« Mutuellement bénéfique » signifiant donnant-donnant, que demande donc le clan Bouteflika aux abois ? Tout simplement qu’Emmanuel Macron entérine la succession « à la cubaine » qu’il prépare, Saïd Bouteflika prenant alors la place de son frère Abdelaziz. En échange de cet aval français qui ouvrirait la voie à une reconnaissance internationale, les services algériens « aideraient » Paris dans un dossier malien de plus en plus pesant, mais dont ils connaissent intimement certains des principaux acteurs…

Explications :

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mardi 4 juillet 2017

L'Afrique Réelle N°91 - Juillet 2017

Sommaire
  
Actualité :
- L’isolement du Qatar va-t-il favoriser un règlement de la question libyenne ?
- Centrafrique : tous contre tous… et contre les Peul

Dossier : Afrique du Sud
- En 25 ans, l’ANC a réussi à ruiner un pays prospère…
- La faillite économique
- Une agriculture florissante mais menacée
- Jacob Zuma peut-il survivre au « Gupta Gate » ?


Editorial de Bernard Lugan :
Afrique du Sud et RCA, le mythe démocratique à l’épreuve des réalités

En trois décennies, Nelson Mandela, président de la République du 10 mai 1994 au 14 juin 1999, puis ses successeurs, Thabo Mbeki (1999-2008) et Jacob Zuma (depuis 2009), ont transformé un pays qui fut un temps une excroissance de l’Europe à l’extrémité australe du continent africain, en un Etat du « tiers-monde » dérivant dans un océan de pénuries, de corruption, de misère sociale et de violences, réalité en partie masquée par quelques secteurs ultraperformants de plus en plus réduits encore dirigés par des Blancs.

Pouvait-il en être autrement quand depuis 1994, la « Nouvelle Afrique du Sud » s’est construite sans tenir compte de la réalité ? La « nation arc-en-ciel », paradis post-apartheid, moderne version de la « société sans classes » qui était postulée naître de la fin du régime blanc est en effet vite apparue comme un « miroir aux alouettes ». Produit de la niaiserie occidentale, ce dernier a interdit de voir que l’Afrique du Sud ne constitue pas une Nation, mais une mosaïque de peuples différents rassemblés ou juxtaposés par le colonisateur britannique. Des peuples dont les références culturelles sont étrangères et même irréductibles, les unes aux autres. 
Durant des années, le culte planétaire quasi religieux rendu à Nelson Mandela, le dithyrambe outrancier chanté par des hommes politiques opportunistes et des journalistes tant incultes que formatés, a masqué le réel. Aujourd’hui, la messe est dite et à travers les dernières fumées de l’encens, le cercueil de la vieille Afrique du Sud apparaît bien vermoulu… 
En Centrafrique, nous assistons au début d’une situation « à la libérienne ». Mais à l’échelle de l’Afrique centrale car, en raison des apparentements transfrontaliers, des risques de contagion se profilent déjà en Ouganda, en RDC, au Soudan, au Cameroun, au Congo et au Tchad. 
Le risque de résurgence de conflits pré-coloniaux alimentés par la prédation était connu et c’est pourquoi il importe de désigner ceux qui, par ignorance ou par idéologie ont permis leur extension :
- Le premier est Nicolas Sarkozy qui décida d’évacuer l’emprise militaire française de Birao, clé de toute la région et axe traditionnel des invasions venues du Soudan en direction à la fois du fleuve et du lac Tchad.
- Le second est François Hollande. Alors qu’il aurait dû ordonner de « traiter » les coupeurs de route du Seleka avant leur marche sur Bangui, il les laissa au contraire agir. Puis, quand, début 2014, il lança l’Opération Sangaris, il ne donna pas de mission claire à nos troupes, se refusant à désigner l’« ami » et l’« ennemi », plaçant nos soldats entre le marteau et l’enclume. Plus grave encore, il les encalmina à Bangui alors que l’objectif eut dû être Birao afin de couper le Seleka de ses bases soudanaises. 
Prisonnier du postulat démocratique François Hollande ne cessa ensuite d'affirmer que la résolution de la crise se ferait par la reconstruction de l’Etat à travers des élections, ce qui conduisit automatiquement à une ethno-mathématique. L’élection, le 14 février 2016, de Faustin-Archange Touadéra à la présidence de la République, fit en effet que les plus nombreux, c'est à dire les sudistes, revinrent automatiquement au pouvoir, alimentant encore davantage la furie des moins nombreux, c'est à dire les nordistes…